Roule ma plume

Roule parce que je suis en vélo, plume parce que je vais écrire (pas sur le vélo), la poule est partie pondre un oeuf

Archive pour Belgique

permafest à Nethen

Du 20 au 22 août 2010, se tenait le second festival de permaculture. L’année dernière, j’étais bénévole au premier festival en Bourgogne, c’était assez épuisant, cette fois-ci, je viens en festivalière, mais pas en touriste..Cette année, les belges ont vu grand : au moins 50 tentes abritent des dizaines d’ateliers, d’initiations, de démonstrations, de présentations. On a envie de tout faire et on peut pas, alors comme j’avais pas envie de rester sous une tente, j’ai suivi une ballade au jardin potager pour cueillir des plantes sauvages.

Comme il pleut beaucoup en Belgique, des malins ont eu l’idée d’exporter de la prairie bien verte.

Non, c’est une blague, la photo suivante  vous montre ce qu’on peut faire avec des fonds de cagettes et du bambou : un abri  temporaire et aérien.

Le bar, centre névralgique du festival, a été construit avec une structure auto porteuse en forme d’éventail.

Youssef nous fait une démonstration de rocket stove (poele de masse) avec deux boites de conserve.

Il y avait le coin de flamands et j’avais vu dans le programme « Sound healing », je suis allée me renseigner et Steven m’a expliqué qu’il s’agissait d’un soin par la musique et le chant. J’ai pris rendez vous : j’etais allongée sur une couverture et il jouait une musique qu’on aurait dit venue de la nuit des temps et chantait dans une langue disparue depuis des siècles. C’était comme si la musique et le chant  me soulevaient sur un tapis volant pour un voyage dans une autre dimension… Je suis allée marcher après, un peu sonnée. j’ai juste pris en photo les instruments.

On ne les voit pas, mais il y des vaches derrières.

Gurun, le constructeur de huttes en bois terre paille présente au festival une petite maquette de hutte.

Vivre ensemble, passer du je au nous. Quoi ? vous avez mal aux genoux ? non, j’arrive pas à marcher sur les mains.


 

 

 


Pour une fois que c’est plat,

j’ai pas pris le vélo. Je l’ai laissé à Paris direction Bruxelles puis Landen (à prononcer à la flamande, svp), puis Lens St Rémy (en Wallonie), où Fabienne Delcorps (photo) (et son association Cense-equi-voque) accueillait 23 stagiaires pour une formation de 72 heures au design en permaculture.

fabienne

J’avais rencontré chez Freda cet hiver, Steeve Read, le formateur et d’autres permaculteurs, j’ai eu envie d’approfondir le sujet en suivant cette formation. Contrairement à ce que pourrait laisser croire la photo suivante, Steeve ne nous apprenait pas à scier du bois – bien que cela semble assez utile en permaculture – mais il nous démontrait plutôt l’importance du petit doigt dans le bon usage de nombreux outils.

Steeve

Nous avions cours le matin et en fin d’après midi, le début étant consacré à des travaux pratiques sur le lieu. Ici, nous créons un bac surélevée : Des poutres de récupération l’entourent, on a enlevé le chiendent, ajouté du compost, arrosé, puis du mulch, et planté quelques légumes. Ensuite, on n’arrose pas avant 3 jours pour laisser le temps aux plantes de faire des racines. De toute façon, il finit par pleuvoir. Contre les limaces, un peu de sciure sur les poutres, elles n’aiment pas ça du tout, ça les empêche de glisser.

futur jardin partagéjuste la terrecompost et planteset la sciure

Nous avions ces magnifiques douches construites (presque) entièrement en matériaux de récupération : palettes, pneu, tuyaux d’arrosage, etc.. Malheureusement, le soleil n’était pas toujours au rendez-vous pour chauffer les tuyaux et la douche était plutôt tiède que chaude.

douches solaires

Un autre atelier récupération : construction d’une ruche en pneus en vue de la production de miel bio bibendum ;o : Il ne s’agit pas ici de récolter du miel mais de proposer un abri pour les abeilles en vue de pollinisation des nombreuses plantes du jardin. Pour éviter que les abeilles ne soient en contact direct avec les pneus, nous les avons rempli d’un enduit terre/paille. Ensuite, la ruche s’était considérablement alourdie et il a fallu la déposer avec délicatesse sur une brouette, puis la déménager dans son emplacement définitif à l’autre bout du terrain, avec 3 personnes qui la tenaient pour éviter que le convoi exceptionnel ne s’écroule sur les orties. Nous avons encore remis de la terre à l’extérieur plutôt pour des raisons esthétiques qu’écologiques, et signé notre chef d »oeuvre avant de poser pour la postérité.

ruche bibendumla pose

La nuit suivante, il y eut une bourrasque et la ruche, posée sur un gros bidon face au vent, s’est couchée dans les arbustes.

en attendant les abeilles

Le lendemain, elle fut posée plus bas sur des pneus et attend de pied ferme le printemps prochain l’essaim aventureux qui se risquera à installer ses alvéoles à l’abri de ses tubes.

la sieste

Aves ces ateliers, les cours théoriques la journée, les projections de films le soir, les repas copieux avec dessert, une petite sieste dans l’herbe était la bienvenue.

Ou en est on ?

Où est le Nord déjà ? Comment souffle le vent ? Et le poulailler, on le mets sous l’érable, non ? Ca pousse à l’ombre, les fruits rouges ? Et les chiens qui sortent jamais, on les mets à la cave avec les chats ? Exercice de design in si tu (faisais ça ?).

eolienne

Le dernier jour du stage, Olivier, l’ami de Fabienne, nous a fait une démonstration des éoliennes qu’il vend dans le champ en face de la ferme. Il en a testé plusieurs modèles avant de choisir ces éoliennes fabriquées en Afrique du Sud, de meilleure qualité que d’autres.

Dernier jour de fête aussi avec un groupe de musique et dans traditionnelles : Entrons dans le cercle circassien !

dans le cercle

Le lendemain (de fête), chaque groupe présentait son projet de design pour le lieu devant les autres stagiaires, les habitants du lieu et Steeve.

la melléelou designLes arbres sont coloriés en vert. Sur les chemins dessinés en orange, des canards « Indian runner » se ruent à la poursuite de limaces belges et brunes et on a planté des fruits rouges partout pour mettre un peu plus de beurre dans les épinards de Cens-equi-voque

glaglaçon

Un dernier verre avec des fleurs de bourrache dans les glaçons et nous nous sommes séparés pour rejoindre nos zones zéros (tiques?) respectives. Pour les deux parisiennes, un intermède bruxellois excellement guidé par Costas à la fois belge et grec. Efkaristo.

costas

Les troncs et la paille

Vous allez me demander : mais qu’as tu fait à Eourres pendant deux semaines : je suis arrivée là sans savoir grand chose sur le lieu ni sur ce que j’allais faire. j’avais trouvé interessant le projet decole de l’autonomie de Michel et Emmanuelle Philippo, couple d’enseignants belges arrivés à Eourres en vélo avec leurs deux enfants il y a deux ans après un combat local contre une cimenterie à Tournai.

Michel et Emmanuelle devant la maison vide

Michel et Emmanuelle devant la maison vide

Ils habitent dans une maison du village qu’ils louent (pas celle de la photo) et construisent depuis un an une maison en paille où ils habiteront et qui servira également de local pour l’association. Ca tobait bien : depuis la conférence de Sabine à Botcol, j’avais envie de participer à un chantier paille . La maison est ben avancée, il reste à terminer le plancher du RDC, ,des cloisons et des enduits.

J’ai commencé par l’écorçage des troncs dans la forêt au dessus du village; la forêt avance parce qu’elle n’est pas entretenue donc le propriétaire qui laisse ses ânes y paitre est content que Michel lui ait coupé des arbres.

Après la coupe de l’arbre, on a une semaine pour l’écorcer, sinon, les doriphores attaquent.

écorcage d un tronc

écorcage d un tronc

Ces troncs seront utilisés pour soutenir le plancher ; on les peints avec de la chaux.


On construit une cloison intérieure avec des liteaux fixés sur le plancher et le plafond, et après je tresse de l’osier sur les liteaux. L’osier est facile à trouver puisqu’il y a un vannier au village(Mircea). Après la cloison est rempli avec un mélange terrre paille.

Un des troncs sert à rehausser le plancher.

le mélange se fait : terre paille chaux

Ici, Michel prépare l’enduit de corps pour les chambres comme on foule le raisin. C’est un mélange de paille, de terre et de gravier fin.

Le mur que j’ai enduit avec l’enduit de corps : c’est la première couche d’enduit qu’on applique sur la paille. les deux sur le coté ont déjà été faits et sont secs. Il y a de grosses fissures : c’est normal : ça permet de mieux accrocher l’enduit de finition; les fissures sont obtenues d’une drôle de manière : l’eau utilisée dans l’enduit est de l’eau dans la quelle fermente de l’orge (ça pue) ; une fois posées sur les murs, les graines d’orge germent et fissurent l’enduit. Ca se mets sur les murs avec les mains.

Le début de l’escalier .. en paille. A gauche, un des troncs qui ont été ajoutés comme soutien et serviront de rampe.

Là, c’est un enduit de finition : 20 parties de terre, 6 de sable et 1 de chaux (plus de l’eau) ca se mets avec une spatule.

Les potes à Michel sont venus l’aider à porter le tronc le plus lourd. C’est un peu la solidarité paysanne au village.

14 jours à Eourres

Oui, j’ai passé 14 jours à Eourres, du 28 septembre au 12 octobre.

J’ai mis plus de temps que prévu pour y arriver : 3 jours. En effet, la SNCF a enfin décidé de remplacer les rails des petites lignes, dont celle que je devais prendre, les trains sont remplacés par des cars. Ayant raté le car du matin, j’ai fait le trajet en vélo, arrivée à Barret sur Méouge après 54 km, il m’en restait 15. J’ai appellé pour qu’on vienne me chercher. J’ai vu une Kangoo arriver avec Alain, gendarme à la retraite, son chien et Michel mon hôte, et Michel Sardou sur l’autoradio. Michel m’explique qu’ils ont été ramasser des champignons et que la voiture d’Alain est plus adaptée pour mettre un vélo. En faisant la route, je vois bien que je n’aurais pas pu faire ça en vélo après ce que j’avais déjà roulé. Eourres est à près de 1000 m d’altitude.Une vue du village depuis l’Eglise :

vue du village d'en haut

vue du village d en haut

Ce village a une particularité, c’est un village habité en majorité par des écolos (au sens large) et le résultat des élections est édifiant. Michel Philippo qui m’accueille aurait du être élu maire mais il est belge, donc il peut être conseiller municipal mais pas maire.

Regardez cette photo :

bienvenue au bout du monde

bienvenue au bout du monde

Le cul du sac a la tête en bas. Des villageois facétieux l’ont mis à l’envers, pris en photo et affiché sur le panneau municipal avec ce commentaire : fin du cul de sac : ouverture sur la tolérance ?

avant -après

avant -après

Ce panneau c’est deux tableaux d’école avec des craies où les habitants peuvent écrire un peu ce qu’ils veulent , a vendre, à louer, poèmes, coups de gueules, offres ou demandes de covoiturage.

le panneau communal

le panneau communal

Au milieu, une citation de Jean Rostand, « A la première fissure dans l’idéal, tout le réel s’y engouffre ». L’auteur (pas Jean Rostand) peut il me laisser un commentaire éclairant son propos ?

Au sujet de la tolérance, j’ai aussi trouvé sur le web, une interview de la maire Caroline Yaffée, cette vidéo est malheureusement inaccessible aux habitants d’Eourres puisque seules les connexions à bas débit fonctionnent. Mais d’après ce qu’on m’a dit, ça va changer.

Le 12 octobre à 8 h du matin, je quittais Eourres à regret, j’y étais bien, une grande descente de 500 m de dénivellé. Et maintenant, je suis dans la Drôme, dont je parlerai plus tard, ainsi que de’autres chose sur Eourres, Montfroc, la paille et la vannerie.